#BookPorn : Ma critique de Conspiracy Against Human Race

Voilà longtemps que je souhaitais publier la critique de cet excellent bouquin de Thomas Ligotti. Comme beaucoup j’ai découvert cet ouvrage de philosophie via les punchlines de l’agent Rust Cohle dans la magistrale saison 1 de True Detective. Cet ouvrage n’étant cité ni dans les crédits, ni dans les interviews du scénariste Nic Pizzolato, transforme d’ailleurs ce character-design de génie en véritable plagia, tant par la quantité, que par l’exactitude des citations.

Si je devais résumé The Conspiracy Against Human, ce serait comme un cours de philosophie pessimiste de 250 pages qui vous fournira toutes les armes pour briller dans les diners face à ces enculés de normies optimistes. Le royaume de la philosophie se sépare en deux camps: les philosophies optimistes et les philosophies pessimistes. Les premières nous expliquent que l’être humain tend à s’améliorer, à vivre mieux et plus longtemps et surtout que notre existence d’Homo sapiens sapiens a une signification dans ce vaste univers. Elles consistent à voir « le bon côté des choses». Les philosophies pessimistes, elles vont au contraire challenger notre existence et mettre en doute la pertinence même des améliorations que le genre humain s’impose à lui même.

Ligotti met en évidence au fils des pages, cette manière dont les philosophies optimistes vont décrédibilisé et persécutés les adeptes du Pessimisme. Et c’est là que le titre du livre fait sens : nous subissons, à travers notre culture, nos lois, nos religions, la conspiration de ces philosophe Optimismes pour marginaliser les philosophies pessimistes. Prenons l’exemple du massacre des Cathares par les Catholiques. Les Cathares ne comprenais l’utilité du mariage et de la procréation: si le but de notre existence était de finir au paradis, pourquoi devrions nous soigner et procréer? Autant mourir rapidement sans rien laisser derrière soit! Ce courant religieux menaçant l’Optimiste et surtout de la logique expansionniste du Catholicisme, les Cathares furent déclarés hérétiques et disparurent après la croisade sanglante lancée par le pape Innocent III.

Ligotti offre d’ailleurs une vision très intéressante de la religion, la décrivant comme un outil créé pour éponger l’excès de conscience de l’être humain, remplissant finalement le même but qu’une drogue. On retrouve ce lien dans le programme des Alcooliques anonymes, où l’on oblige l’abstinent à s’en remettre à une puissance supérieur. La religion n’est finalement (de mon point de vue) qu’une manière comme une autre de s’abrutir.

Je suis devenu un grand adepte de cette idée d’une volonté latente d’abrutissement chez l’être humain: elle explique la drogue, la religion, la dépression. Cette idée qui se rencontre également dans les pratiques BDSM, où la personne soumise se retrouve objectifiée, re-formatée et par conséquence soulagée de sa déprimante conscience de soi.

Ma présentation de Conspiracy Against Human Race de Thomas Ligotti s’arrêtera là. Si ce billet a attisé votre curiosité, je vous invite à le découvrir en langue anglaise sur Amazon. Il est très peu probable qui bénéficie un jour d’une traduction française, étant donné certains passages très borderline faisant l’apologie du suicide. J’ai pour ma part j’ai adoré ce bouquin qui m’a permis de découvrir une facette méconnue des philosophies occidentales.

Pour acheter ce livre c’est ici: The Conspiracy Against the Human Race: A Contrivance of Horror


Comments

3 responses to “#BookPorn : Ma critique de Conspiracy Against Human Race”

  1. Je pense que l’on va finir par devenir vraiment amis. J’adhère complètement à ce courant de pensée. J’ai également tiqué lorsque j’ai vu TRUE DETECTIVE (saison 1 géniale). D’après pas mal de chercheurs, la fin de notre civilisation sera causée par la surpopulation – et bien plus tôt que prévu. Mais le courant de pensée “optimiste” nous interdit d’imaginer autre chose que la procréation absolue et encouragée. Nous sommes programmés pour avoir envie de nous reproduire afin d’assurer la survie de l’espèce. Mais dès lors que cette survie n’est plus en jeu, pourquoi devrions-nous continuer à procréer ? Pour assouvir le diktat d’un courant de pensée qui bâillonne tout contradicteur, le plus souvent en l’abrutissant ? Ces gens-là, en empêchant tout débat sur la question, risquent de propulser notre civilisation vers son crépuscule (peut-être est-elle déjà morte-vivante, plus spectatrice qu’actrice). Au lieu de prévoir un autre système de société, on s’arc-boute sur un courant qui a fait ses preuves mais qui n’est désormais plus en phase avec la réalité… Après tout, qu’importe ? D’autres civilisations ont succombé bien avant la nôtre (je parle bien d’une fin de civilisation, pas d’une fin du monde).

  2. Merci du comment! Content que ça vous passionne! Pour répondre à votre commentaire, l’auteur ne questionne pas l’utilité de procréer dans le cadre de la surpopulation, mais l’idée que notre existence sur cette planète soit d’une quelconque utilité. Ce questionnement même de la vie est d’ailleurs le problèmes des vivants et non du néant.

    Je vous invite vraiment à lire ce livre car il nous sort complètement du référentiel des philosophes ultra-politisés qu’on trouve dans la France de 2015 (et qui utilisent le mot Civilisation ad nauseam). Ce livre nous met réellement face à notre condition d’homo sapiens sapiens convaincu par son égo de son existence, et ne s’embête pas à avec des notions de civilisations.

  3. Merci du comment! Content que ça vous passionne! Pour répondre à votre commentaire, l’auteur ne questionne pas l’utilité de procréer dans le cadre de la surpopulation, mais l’idée que notre existence sur cette planète soit d’une quelconque utilité. Ce questionnement même de la vie est d’ailleurs le problèmes des vivants et non du néant.

    Je vous invite vraiment à lire ce livre car il nous sort complètement du référentiel des philosophes ultra-politisés qu’on trouve dans la France de 2015 (et qui utilisent le mot Civilisation ad nauseam). Ce livre nous met réellement face à notre condition d’homo sapiens sapiens convaincu par son égo de son existence, et ne s’embête pas à avec des notions de civilisations.

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